• Le 15 septembre 2017
    Campus Tertre
    Amphi E - Bâtiment du DROIT
    entrée libre dans la limite des places disponibles
  • à 11h

Conférence de Mr LIGNEREUX : Présents vénéneux, Poison d’aujourd’hui et cadeau empoisonné d’hier (Daech, 2014 / Louis XIV, 1665)

Le passé, comme le rappelle notamment Patrick Boucheron, est ce qui vétuste comme ce qui est antique : la vétusté ne nous est d’aucun usage et d’aucune utilité. Elle ne nous concerne pas. Elle peut être l’objet de l’attention attentive et érudite des antiquaires ou de la consolation des nostalgiques mais elle n’est pas le sujet de la science et de nos interrogations qui lui sont indifférentes. Ce qui est antique dans le passé est, au contraire, ce qui continue à agir en nous et à nous faire agir. C’est la raison pour laquelle l’antiquité du passé est l’enjeu de beaucoup de combats contemporains ; c’est la raison pour laquelle l’histoire est, résolument, une science du présent. Il s’agit donc de prendre au mot cette expression, l’antiquité du passé, pour voir à travers le rapprochement surprenant proposé ici entre les exactions de Daech de 2014 à 2016 et un cadeau diplomatique offert à Louis XIV en 1665 combien la référence à l’histoire, pour la nier ou la manipuler, est toujours une forme de disciplinarisation du présent et une injonction faite à l’avenir. Et ce d'autant plus quand l'on parle d'archéologie puisqu'elle est aussi bien la science de qui ce est avant comme elle peut fonder l'autorité de celui qui se met devant.
Francisco de Goya, No sabe que hace, c.1814-1817 (Cabinet des estampes, Berlin).

Francisco de Goya, No sabe que hace, c.1814-1817 (Cabinet des estampes, Berlin).
 

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